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[A l'écoute des gestions] Le facteur temps, paramètre de gestion clef chez Silver Time Partners

Questions à Olivier Nobile et Romain Stéphan, respectivement CEO / co-CIO et CMO de Silver Time Partners.

Qui sont les personnes à l’origine de la création de Silver Time Partners ?

Romain Stéphan : L’entreprise, créée l’an dernier, résulte de l’association de quatre professionnels de marchés. Olivier Nobile, Aurélio Rodriguez, Bertrand Patillet et moi-même. Les deux premiers, les gérants, disposent à eux deux de plus de 30 ans d’expérience sur les marchés, notamment en gestion alternative. Plus spécifiquement, ils ont travaillé ensemble entre 2008 et 2012 sur des stratégies de gestion quantitative systématique chez Boussard & Gavaudan. Bertrand Patillet, notre chief operating officer,  était précédemment directeur général délégué de Crédit Agricole Cheuvreux. Quant à moi, j’étais responsable du pôle equity France à la banque Citigroup au cours des 5 dernières années.

Comment avez-vous financé le lancement de la société de gestion ?

Deux investisseurs nous ont fait confiance dès le départ. L’un deux est un des leaders de la gestion indépendante en Europe, l’autre est un industriel. Ces « day one investors », comme on les appelle dans le monde de la gestion d’actifs, ont été séduits par notre modèle qui sert de socle à notre processus de gestion. Ils se sont engagés pour deux ans à nos côtés et pour un montant global de 30 millions d’euros.

En quoi votre approche est originale ?

Notre objectif est de modéliser les tendances des marchés en nous appuyant notamment sur le facteur temps. Au démarrage, nous nous sommes intéressés aux neurosciences dans le cadre des marchés financiers. Dans l’analyse des grands mouvements boursiers, nous avons pu en effet constater que parmi les paramètres récurrents figurent les émotions humaines. Nous avons souhaité comprendre comment les marchés bougent et comment s’articulent les grandes vagues haussières et baissières sur les marchés, quelle que soit la classe d’actifs, actions, obligations, matières premières et quelle que soit la zone géographique.

Vous mentionnez le facteur temps. En quoi est-ce, selon vous, un paramètre central pour l’analyse des tendances boursières ?

En effet, la plupart des gérants se concentrent sur les prix et sur leur dynamique mais sans s’intéresser à la manière dont ils ont évolué au sein d’une période donnée. A titre d’exemple, il est intéressant de savoir qu’un actif a progressé sur une période de 6 mois mais une information plus pertinente encore est le fait que l’essentiel de la hausse s’est faite sur un mois avant que l’actif en question ne stagne pendant 5 mois. L’étude du comportement des valeurs boursières nous fournit des informations précieuses pour nous positionner, à l’achat ou à la vente, sur des horizons d’investissement qui vont de 6 mois à plusieurs années.

Vous vous intéressez également aux fondamentaux des valeurs cotées ?

En aucun cas, nous nous concentrons exclusivement sur les tendances. L’histoire boursière récente nous a une fois encore montré que les marchés boursiers peuvent être décorrélés de l’économie. Il est plus intéressant et bien moins risqué d’accompagner un titre sur une tendance de long terme que de spéculer sur des fluctuations de court terme. Dès lors, nous sélectionnons une centaine de titres européens, parmi un panel de 800 valeurs liquides, et investissons sur chacun d’eux de façon équipondérée. Nous rebalançons notre portefeuille tous les trimestres pour rester positionner sur les titres qui présentent les meilleures dynamiques haussières à long terme. En cours de trimestre, nous avons la possibilité de vendre un titre si notre modèle indique qu’il quitte sa tendance de long terme. Ainsi, depuis fin juin, près d’un tiers du portefeuille a été vendu. Notre gestion nous a permis de préserver le capital investi dans le fonds au mois d’août alors que les marchés accusaient une forte baisse.

Les fonds que vous gérez actuellement sont exclusivement investis sur des actions européennes. Prévoyez-vous d’élargir votre univers d’investissement ?

Oui, nous testons actuellement un portefeuille investi sur les actions mondiales afin de répondre à la demande d’investisseurs. Il répond au même principe que les premiers fonds de notre gamme : une gestion des risques efficace et la capacité de faire varier notre exposition très rapidement.  L’idée est de donner aux investisseurs, quels qu’ils soient, l’opportunité de se positionner sur les actions sans avoir à moduler son exposition. Parmi les deux fonds que nous proposons actuellement, l’un, le fonds LOQ Tradition, est pleinement investi sur notre stratégie,  l’autre, LOQ Patrimoine,  repose sur le même portefeuille d’actions mais est en permanence couvert à hauteur de 50% via des futures sur indices.

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