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Marché des Actions japonaises : un « alignement des planètes » exceptionnel

ER - Analyses de marchés
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Ceux-ci ont, à juste titre, gardé un très mauvais souvenir des 20 années de déflation dont l’économie japonaise a souffert et des performances boursières catastrophiques qui en ont découlé. Beaucoup n’ont peut-être pas encore réalisé que le Japon vit, depuis 3 ans, une véritable révolution économique et sociétale qui en fait, selon nous, le marché boursier le plus intéressant en Asie pour la période 2015-2016.


Par Stephen de Mendelssohn, Directeur de la Gestion et Gérant Actions Asie-Pacifique chez Mansartis

L’arrivée de Monsieur Abe comme Premier Ministre, qui a coïncidé avec celle d’un nouveau gouverneur de la Banque Centrale en 2012, a inauguré une période de stabilité politique bienvenue. Le gouvernement a réussi à instaurer le consensus nécessaire pour mettre en œuvre un programme de réformes structurelles ambitieux. Celui-ci représente l’une des trois « flèches » des Abenomics, au même titre que le plan de relance budgétaire et la politique monétaire non conventionnelle menée par la Bank of Japan. Cette dernière, qui a pour objectif de stopper la déflation et faire remonter l’inflation à 2%, est en passe de réussir son pari puisque la hausse des prix a atteint 0,4% cette année. Ce Quantative Easing profite par ailleurs à la compétitivité des entreprises grâce à des taux d’intérêt quasi-nuls et la baisse du yen.

Avec ses réformes, le gouvernement Abe cherche à faire sauter les verrous qui bloquent la société et l’économie japonaises. Par exemple, l’entrée du Japon dans le traité de libre-échange transpacifique (TPP) soutient les exportations en supprimant les droits de douane, en particulier avec les Etats-Unis. Autre exemple, pour faire face à la pénurie de main d’œuvre, des mesures ont été prises pour faciliter le retour à l’emploi des femmes ayant eu un enfant, grâce notamment à la création de crèches, ou l’obtention de visas par les travailleurs étrangers quel que soit leur niveau de qualification.

Dans le domaine de l’entreprise, l’objectif de la réforme est d’améliorer la gouvernance et la rentabilité du capital. Elle s’appuie sur 2 rouages :
- un code de bonne conduite, « Stewardship code », par lequel les investisseurs signataires s’engagent à jouer leur rôle auprès du management et, notamment, à divulguer comment ils votent aux assemblées générales ;
- un code de gouvernance pour les entreprises elles-mêmes, « Comply or Explain », qui les conduira à mieux respecter les investisseurs en débouclant les nombreuses participations croisées qui rendent le système très opaque, en augmentant les dividendes versés, en favorisant la nomination d’administrateurs indépendants, etc.

Ces réformes ont permis de changer les mentalités et poussé l’économie japonaise à décoller, le PIB augmentant de 2,5% sur 1 an à fin mars 2015. Aujourd’hui, les prévisions de croissance des bénéfices des entreprises japonaises pour l’année fiscale 2015/2016, entre 13 et 15%, sont parmi les plus élevées au monde. Autre signe de cette reprise, l’immobilier à Tokyo est reparti à la hausse.

A terme, tous ces changements devraient restaurer la confiance des investisseurs et l’environnement est tout à fait favorable pour le marché des actions japonaises. Même si celui-ci a déjà engrangé une belle performance cette année, de l’ordre de 25% en euro et17% en monnaie locale, nous pensons que la tendance haussière devrait se poursuivre.

Outre un alignement des planètes exceptionnel - yen faible, politique monétaire accommodante, relance budgétaire, reprise de la consommation, prix du pétrole bas - le marché devrait être soutenu par un effet liquidité, que ce soit de la part des investisseurs internationaux qui sont encore sous-pondérés sur cette classe d’actifs, ou des fonds de pension d’Etat japonais à qui le gouvernement a demandé d’augmenter la part des actions de 8 à 23% dans leurs portefeuilles.

Si les niveaux de valorisation ne sont pas particulièrement bon marché, il est néanmoins toujours possible d’investir dans des sociétés de croissance offrant une bonne visibilité sur leurs bénéfices futurs, notamment celles ayant une position dominante dans leur activité, que ce soit à l’international ou sur le marché domestique. C’est le cas, par exemple, de Sysmex, le leader mondial d’équipements d’analyse en hématologie (40% de part de marché au niveau mondial) ou d’Hikari Tsushin, principal fournisseur de solutions de télécommunication auprès des TPE-PME japonaises.

En tant qu’investisseur, nous apprécions particulièrement le secteur de la distribution, qui profite, sur le plan domestique, d’une année touristique record et devrait bénéficier des JO de 2020. A l’international, le secteur compte des sociétés exportatrices telles que Fast Retailing (Uniqlo, Comptoir des Cotonniers, Princesse Tam-Tam,…) ou Unicharm, l’un des leaders mondiaux des couches pour bébés (70% de part de marché au Japon, 50% en Chine).

http://www.mansartis.com/

 

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