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Actions européennes : leçon de croissance ?

ER - Analyses de marchés
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Les entreprises européennes qui ont la possibilité de déployer leur offre de produits ou de service sur plusieurs régions, sans avoir besoin de les adapter pays par pays, constituent selon nous un excellent vivier de croissance pour les investisseurs concentrés sur l’Europe.


Par Alexander Darwall, gérant du fonds Jupiter European Growth chez Jupiter AM

Identifier les entreprises européennes leaders sur leur marché opérant dans des secteurs de croissance a toujours été notre principale préoccupation mais il ne faut pas sous-estimer l’importance d’un business model international. Avoir une portée mondiale n’est pas forcément la panacée et ne constitue pas un modèle à toute épreuve. Ces dernières années, on a vu beaucoup d’entreprises internationales souffrir à cause de leur exposition au ralentissement de la croissance chinoise pour les unes, de la baisse de la demande dans le secteur du luxe pour d’autres, ou encore à cause de la chute du cours du pétrole. Cependant, nous pensons que la capacité d’offrir ses produits et services sur différentes régions sans avoir besoin d’adaptations trop coûteuses constitue une excellente perspective de croissance.


Les tendances séculaires peuvent soutenir la croissance de long terme
Certaines des valeurs que nous détenons en portefeuille, notamment dans le secteur de la santé, incarnent parfaitement cette proposition. Fresenius SE, un fournisseur de services de santé, est l’une d’entre elles. Leader mondial dans les soins de dialyses, les hôpitaux privés et les soins médicaux à domicile, cette entreprise opère dans plus de 100 pays et possède plus de 80 centres de fabrication. L’essentiel de son chiffre d’affaires  se fait en Europe et en Amérique du Nord mais près d’un cinquième des ventes proviennent des régions à croissance forte que sont l’Asie Pacifique et l’Amérique Latine.

Le savoir-faire et l’expérience incomparables de cette entreprise la place, selon nous, en très bonne position pour générer d’importants revenus sur les traitements de pointe dans les pays développés, et pour profiter de l’augmentation des dépenses de santé par tête dans les pays émergents. Bien que la croissance à long terme soit soutenue par l’augmentation séculaire du nombre patients nécessitant des dialyses, ce sont la vente de médicaments génériques administrés en intraveineuse et l’alimentation des patients en soins intensifs aux Etats-Unis qui devraient porter la croissance de l’entreprise dans les quelques années à venir, ainsi que le besoin croissant de traitements contre le diabète et l’obésité.

Novo Nordisk est une autre entreprise, selon nous, susceptible de bénéficier de l’augmentation de la demande pour de tels traitements. L’entreprise a récemment reçu l’aval de la Food and Drug Administration américaine pour le reformatage d’un de ces médicaments contre l’obésité, le Saxenda. Même si les autorités américaines ont été historiquement peu enclines à financer de tels traitements, l’obésité est aujourd’hui un problème d’une ampleur telle qu’elles ont été obligées de revoir leur position. Par ailleurs, les réticences chinoises à passer des contrats avec des multinationales s’amenuisent petit à petit, comme nous le confiait les dirigeants de Novo Nordisk, ce qui rend plus facile l’obtention des agréments nécessaires pour commercialiser des médicaments là-bas.


Minimiser l’impact macroéconomique
Beaucoup d’entreprises de notre portefeuille ont réussi à dégager des profits, certes marginaux, malgré les difficultés macroéconomiques de la zone euro. Et il s’agit bien de notre objectif : investir de sorte à être soumis le moins possible aux aléas macroéconomiques. Cela ne signifie pas que nous pouvons nous désintéresser de l’avenir et de ce qu’il pourrait apporter, mais que plutôt que de nous concentrer sur le va-et-vient des devises et la politique monétaire, nous privilégions les fondamentaux des entreprises.


Rester axer sur les caractéristiques importantes des entreprises
Puisque la revue de la qualité des actifs faite par la BCE et les derniers stress tests de l’Autorité Bancaire Européenne sont rassurants quant à la santé des banques et qu’il semble acquis que les marchés vont se laisser guider par la politique monétaire, notamment par l’assouplissement monétaire, nous restons optimistes. Comme nous le mentionnions plus haut, notre philosophie de gestion ne se base pas simplement sur une amélioration macroéconomique des marchés domestiques de la zone euro. Nous nous basons plutôt sur un suivi permanent de ce que nous considérons être les caractéristiques clés d’une entreprise. Une offre de produits ou de services de haut-niveau, le pouvoir de fixer les prix, une croissance séculaire de la demande, un réseau international ou encore la capacité de façonner le futur de l’entreprise sont le type de caractéristiques auxquels nous sommes très attentifs,  ce qui nous a plutôt réussi et ce dans différentes configurations économiques. La combinaison du changement de comportement des consommateurs avec des avancées technologiques est créatrice de challenges et d’opportunités.


Ce que nous préférons
En termes de secteurs, nous investissons rarement dans les matières premières ou les utilities, de même que dans le secteur des biens de consommation ou les financières, bien que nous restions intéressés par ce qu’on pourrait qualifier de « financières alternatives » comme Provident Financial (petite structure spécialisée dans les prêts de faibles montants) et Leonteg (fournisseur de produits financiers en marque blanche). Les champs qui nous semblent plus propices à l’investissement en ce moment sont les technologies, la santé, l’industrie et les media. Quand c’est possible, nous avons tendance à privilégier ce que nous appelons les « gagnants », c'est-à-dire les valeurs que nous considérons comme des leaders sur le marché grâce à un avantage compétitif, que ce soit parce qu’ils proposent un produit très différenciant ou parce qu’ils occupent une position sur le marché qui devrait leur permettre de capitaliser sur une tendance de long-terme. Un périmètre international est aussi un atout car au niveau de l’entreprise, il réduit les risques liés à la macroéconomie d’un pays en particulier, et il élargit le champ des possibles pour ces activités, notamment là où ces entreprises peuvent commercialiser des produits ou des services standardisés. Le développement des technologies numériques est selon nous une autre thématique à suivre de près étant donné leur impact sur les entreprises qui les utilisent astucieusement.

L’Europe abrite de nombreuses entreprises de classe mondiale et nous restons persuadés que les plus susceptibles de réussir sont celles dont les perspectives dépendent, autant que possible, de leurs propres efforts et pas de facteurs sur lesquelles elles n’ont aucun contrôle.

www.jupiteram.com

 

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