Connexion
/ Inscription
Mon espace

[Point de vue] Immobilier : Monsieur Macron fait pire que Madame Duflot

BE - Culture & Société
ABONNÉS

Quel détricotage par 3 professionnels de l’immobilier

Sylvain Elkouby de Syndicexperts.com -  Rachid Laaraj de Syneval - François Gagnon de ERA Immobilier

Le projet de loi Macron est en passe de devenir une loi. Après l’examen du texte par le Sénat à la suite de l'Assemblée Nationale, c'est désormais à une commission mixte paritaire de reprendre les dispositions sur lesquelles les deux assemblées parlementaires ne sont pas tombées d'accord. En cas d'échec, les députés auront le dernier mot. Les mesures concernant l'immobilier, porteuses de peu d'enjeux politiques par rapport à d'autres - le travail dominical par exemple - ne devraient pas subir d'évolution et il est déjà possible d'apprécier si la loi Macron aura apporté les avancées attendues. Rappelons-nous : le Premier ministre avait promis un détricotage de la loi ALUR du 24 mars 2014.


Ce détricotage est-il au rendez-vous ? Deux dispositions importantes témoignent que la promesse n'a pas été tenue.

La première reprend le principe de l'obligation de mettre en concurrence les syndics de copropriété au terme de leur mandat. Cette mesure avait défrayé la chronique: Pourquoi contraindre des copropriétaires satisfaits de leur mandataire -c'est l'écrasante majorité- à faire une mise en concurrence alors que leur souhait est de reconduire le mandat ? Pourquoi même attenter à leur liberté, lorsqu'ils choisissent un syndic, en leur imposant une procédure lourde d'appel à candidatures ? Une entreprise privée n'est-elle pas libre de choisir un prestataire sans cette procédure ? Pour Sylvain Elkouby dirigeant-fondateur de www.syndicexperts.com, « Il n’est pas utile d’imposer la lourdeur des marchés publics aux copropriétés. »

Pourtant, voilà que la future loi Macron dispose l'obligation de procéder à un appel d'offres tous les trois ans, de façon systématique. Elle dispose aussi que l'assemblée générale pourra s'exonérer de cette procédure par décision expresse un an avant l'échéance triennale. Rachid Laaraj, fondateur de Syneval se demande : « Comment les copropriétaires pourraient un an avant la fin d'un mandat être certains de ne pas vouloir faire un appel d'offres ni certains du contraire... »
Bref, Monsieur Macron fait pire que Madame Duflot : il ajoute là l'absurdité à la complexité et à la lourdeur. Son texte, fait pour libérer les énergies, retombe dans le travers d'administrer et d'embarrasser la vie quotidienne des 20 millions de Français qui vivent en copropriété.

En transaction, ce n'est pas mieux : son texte double le délai de rétractation attaché aux achats de logements anciens, qui passe de 7 à 14 jours. Sans doute une façon de fluidifier le marché... Pour François Gagnon, Président de ERA France et ERA Europe, « L'actuel délai ne donne lieu à aucune activation, simplement parce que l'achat d'un appartement ou d'une maison n'est pas le fruit d'un coup de tête, et que le remords est exceptionnel, après un mûrissement qui dure en général plusieurs mois! » En somme, encore un peu plus de viscosité, alors même que les consommateurs n'avaient rien demandé, par pur souci esthétique consistant à aligner le délai immobilier sur celui applicable aux biens de grande consommation.

On pourrait aussi, pour faire bonne mesure, remarquer que le projet de loi, contre toute promesse, ne simplifie pas la liste surréaliste de documents à fournir à l'acquéreur d'un lot de copropriété.

« Faut-il que les ministres et les parlementaires méconnaissent à ce point l'univers du logement pour parvenir, dans un même texte de loi, à moderniser quantité de domaines tels que le droit du travail ou le statut des notaires, et à mettre de l'archaïsme et de la pesanteur dans le logement. » ajoute François Gagnon. On est encore en droit d'espérer que la commission mixte paritaire et l'ultime lecture à l'Assemblée Nationale corrigent ces aberrations.

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

Lire la suite...


Articles en relation

BE - Culture & Société
ABONNES
La nouvelle plateforme soClassiQ, un accès gratuit au répertoire de la musique classique et à l’opéra

Avec l'Intelligence Artificielle et la Data Science, soClassiQ met la musique classique à la portée du plus grand nombre et se positionne comme le site de référence en la matière. Après 2 ans de recherche et développement, la plateforme soClassiQ fait son entrée officielle dans le monde de la musique classique et de l'opéra. Grâce à la puissance de ses algorithmes et au travers d'une expérience utilisateur simple et épurée, soClassiQ donne accès :- à l'ensemble des œuvres du répertoire...

BE - Culture & Société
ABONNES
Les soft skills, des compétences déterminantes au cours des premiers mois de collaboration

Une étude* menée par le cabinet international de recrutement spécialisé Robert Half auprès de directeurs généraux (DG) et de directeurs financiers (DAF) révèle que 76% d'entre eux admettent avoir embauché un collaborateur qui ne s'intégrait pas à l'équipe.* Enquête réalisée auprès de 305 DG et 200 DAF en décembre 2017 en France. Les raisons évoquées et les mesures jugées les plus efficaces Rejoindre une organisation implique d'emblée de mettre en avant un panel de compétences à la fois...

BE - Culture & Société
ABONNES
« Solutions solidaires », plateforme de fabrique des solidarités nouvelles

Lancé par le Conseil départemental de la Gironde et ses partenaires, Alternatives économiques, l'Avise, la Fondation Jean-Jaurès, Harmonie mutuelle, Terra Nova, Up et Usbek & Rica, « solutions solidaires » c'est : - Une plateforme pour animer un large débat autour des solidarités nouvelles, et organiser un foisonnement d'idées, expériences et initiatives afin d'inventer ensemble les protections de demain.- Un rendez-vous annuel pour croiser, comparer et projeter vers l'avenir ces idées et ces...

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNES
[Les entretiens d'Esteval] Bruno Colmant, Degroof Petercam

« Nous devons retrouver une économie solidaire et basée sur l'intérêt général » Débats télévisés, émissions de radio, couvertures de presse : le livre de dialogue entre Bruno Colmant, chef économiste de Degroot Petercam, et le prêtre Eric de Beukelaer, ancien proche collaborateur du cardinal Lustiger à Rome, fait un carton en Belgique (1). Il est vrai que leur conversation aborde des sujets qui nous concernent tous, au croisement de la morale et de l'économie. « Le capitalisme anglo-saxon...