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Japon : vers un rattrapage boursier soutenu par les « Abenomics »

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Les mesures économiques de Shinzo Abe font évoluer l’approche des consommateurs japonais et devraient mettre ainsi fin à 20 années de déflation.

Par Cédric Le Berre, spécialiste en investissement chez UBP

L’indice nippon Topix pourrait retrouver son niveau de 2007 d’ici 2 ans
Même si, dans le contexte actuel de cycle haussier, les actions du marché nippon sont toujours en retard sur leurs homologues outre-Atlantique et en Europe, l’indice Topix s’inscrit en tête des performances des marchés développés en yen, depuis l’arrivée au pouvoir de M. Abe, fin 2012. Les sociétés japonaises affichent des plus hauts historiques en termes de croissance bénéficiaire, alors que le marché n’a pas encore atteint ses niveaux d’avant la crise financière. Ainsi, en comparaison internationale, l’indice Topix reste très attractif et sous-évalué, ce qui n’est plus vraiment le cas pour les marchés américain et européen.


Hausse des salaires et des investissements des entreprises
Les Abenomics ont réalisé de belles avancées :
- Le premier signe de l’incidence positive de cette stratégie est le quasi plein emploi dont jouit actuellement le pays, avec un taux de chômage qui a reculé à 3,5% en février 2015. Ces mesures ont aussi impulsé une hausse des bénéfices des sociétés, qui se traduit aujourd’hui par une augmentation des salaires de base et des bonus annuels, et cela devrait soutenir une forte croissance de la consommation. Dans ce cycle économique particulièrement porteur, de grandes compagnies japonaises, telles que Toyota, Nissan et Hitachi, ont déjà convenu d’une hausse des salaires mensuels et des bonus annuels, au vu de la solide remontée des bénéfices. Le taux de chômage est aujourd’hui très bas, à 3,6% ; lorsque ce dernier est inférieur à 4%, le salaire de base tend historiquement à augmenter graduellement.
- L’investissement en capital est également appelé à augmenter : durant les deux dernières décennies, la plupart des sociétés japonaises ont été réticentes à engager de lourds investissements en capital et se retrouvent donc aujourd’hui avec des installations et des équipements vieillissants. De nombreuses entreprises devront ainsi procéder à des investissements en capital substantiels de façon à renouveler leurs installations. Avec la dépréciation du yen et l’amélioration des bénéfices, la plupart des sociétés ont désormais la capacité d’entreprendre des dépenses d’investissement conséquentes.


Les entreprises japonaises profitent de l’affaiblissement du yen
La poursuite de l’affaiblissement du yen est attendue : les Etats-Unis s’apprêtent à entrer dans une phase de resserrement monétaire, et l’attention se porte désormais essentiellement sur le calendrier de la future hausse des taux. Au contraire, la politique monétaire de la BoJ consiste, elle, à poursuivre son vaste programme d’assouplissement quantitatif. La divergence de politique monétaire entre les Etats-Unis et le Japon tend à entraîner une nouvelle dépréciation du yen, ce qui est généralement bénéfique pour les entreprises japonaises. A cet égard, nous observons souvent une forte corrélation entre les hausses des taux d’intérêt américains et la surperformance des actions japonaises par rapport aux actions américaines.

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